|
Les deux Téniers (1) |
|
|
Il
doit nous être arrivé à tous par précipitation, confiance exagérée
en nos capacités intellectuelles ou encore sous le mauvais conseil de son
entêtement de faire ou d'avoir fait des erreurs. |
|
|
|
|
|
Téniers
père et fils s'en allant au marché de Bruxelles. |
|
|
On
fait grand bruit et sûrement bien trop grand bruit aujourd'hui autour de
ce que l'on a l'outrecuidance de nous imposer comme "LA"
découverte définitive et sans appel du fameux Téniers qu'aurait bien
voulu nous indiquer un groupe de prêtres aussi codeurs que retors. |
|
|
|
|
|
Les
tentations de Saint Antoine de David Téniers |
|
|
Lorsque
aujourd'hui, on évoque le nom de David Téniers, même dans les milieux
autorisés, il est de bon ton de ne se souvenir que du deuxième du nom,
né à Anvers le 15 décembre 1610 de David Téniers dit "le
vieux" ou encore, plus respectueusement, "l'ancien", né
lui dans la même ville en 1582. |
|
|
|
|
|
Les
tentations de Saint Antoine de David Téniers |
|
|
Voici ce qu'écrivait le
peintre expert George du Louvre lors de la vente de la galerie du
Cardinal Fesch, ancien archevêque de Lyon et primat des Gaules en 1844
à propos de Téniers le vieux : "TÉNIERS ( David ), le vieux, né à Anvers en 1582, mort en 1649; élève de Rubens et Elzheimer. A la gloire d'avoir été le créateur de son genre, ce peintre joignit celle d'avoir eu pour élève le célèbre David Téniers, son fils. Après avoir étudié l'histoire sous Rubens, il vint à Rome où il passa dix années; s'étant lié dans cette ville avec Elzheimer, qui alors y jouissait d'une grande réputation, il s'éprit d'un tel amour pour ses tableaux, qu'il se constitua son élève, s'appliquant à imiter sa manière de peindre et le genre de ses compositions: dès lors il s'adonna à peindre en petit. Du mélange des études qu'il avait faites sous Rubens et de celles qu'il fit sous Elzheimer, le vieux Téniers créa cette manière agréable à laquelle on doit ces Kermesses, ces noces de village, ces scènes de buveurs, ces laboratoires de chimistes, etc., qui devinrent les premiers types de ces compositions grotesques que tant de peintres, après lui, se sont exercés à reproduire ou à imiter. Le vieux Téniers, nous le répétons, fut donc le créateur de son genre; c'est dire assez qu'il eut du génie, puisque toute création le suppose; il eut aussi du talent, et, si l'ignorance lui dénia souvent l'un et l'autre, il faut reconnaître qu'un faux zèle pour la gloire de son fils ne fut point étranger à cette injustice. Mais, chose digne de remarque: tandis qu'on s'efforce d'attribuer au fils le mérite du père, on ne s'aperçoit pas que le premier, par ses ouvrages, donne un démenti formel aux détracteurs du second! Et en effet, Téniers le fils professa toujours une si haute estime pour le talent de son père, qu'il ne s'écarta jamais de sa manière; bien plus, il s'identifia tellement avec ses compositions, que parfois il se contenta de les reproduire. D'ailleurs, à part l'intérêt qui règne dans les productions du vieux Téniers, elles sont encore recommandables sous le rapport de l'exécution: la touche en est large et d'un goût infini, la couleur est digne du grand, maître dont il suivit les leçons, et qui ne se montra pas le moins ardent admirateur du mérite de son élève. Enfin, pour confirmer ce que nous avançons, nous ajouterons que presque tous les meilleurs tableaux du vieux Téniers ont été attribués au fils, qu'on en a même gravé comme faisant partie de l'œuvre de ce dernier: ce sont-là, je l'imagine, d'assez fortes preuves de son mérite. Une circonstance qui a pu contribuer sans doute à propager cette erreur, c'est la complète ressemblance de leur signature: soit qu'ils l'aient apposée en toutes lettres romaines, ou remplacée par un simple monogramme, elle est identiquement la même chez tous les deux. Du vivant de son père, seulement, Téniers fils avait coutume d'ajouter junior à son nom." (2) |
|
|
|
|
|
|
|
|
Les
signature des Téniers sur ces deux tentaciones, bien malin qui peut dire
si c'est le même auteur ?? |
|
|
Vous avez bien noté, il est
presque impossible de distinguer l'œuvre du père de celle du fils ! Nous avons donc au musée du Prado deux "tentaciones" dont la première présentée ici est accompagnée des notes suivante du Prado : Num. de catálogo P01820 Autor Teniers, David Título Tentaciones de San Antonio Abad Cronología 1647 Técnica Óleo Soporte Tabla Medidas 51 cm x 71 cm Escuela Flamenca Tema Religión Expuesto No Procedencia Colección Real. Notons
l'année donnée par les experts du musée : 1647. |
|
| T | |
|
|
|
|
Les deux tentaciones, celle de gauche serait la bonne, c'est aussi la seule à offrir un paysage "exploitable" ! |
|
|
Regardons maintenant un peu plus en détail la façon de ces tableaux, le trait, la couleur, la manière de rendre les visages et les costumes. Regardez attentivement et osez me dire qu'il s'agit du même peintre. Il y a, au bas mot, 25 ans de différence entre ces deux représentations ! |
|
|
|
|
|
Tentation de David Téniers père ( 1582-1649) |
|
|
Nous avons sur le premier des traits grossiers peu affinés, le traité des mains par exemple est lourd, les monstres sont caricaturaux, certes mais naïfs. L'évolution est réelle et ne constitue pas une vue de l'esprit. |
|
|
|
|
|
Tentation de David Téniers fils ( 1610-1690) |
|
|
Vous
commencez à suivre mon raisonnement, les experts de ce musée s'y sont trompés, j'en suis désolé, mais nous avons bien là un tableau de David
Téniers le père, celui que l'on veut au forceps nous faire avaler comme
le Téniers commandé par un pauvre M. Du Vaucel qui devait avoir d'autres
chats à fouetter et se fouetter avec d'autre chats ! et une seconde
tentation datée de 1647 dont on se contrefiche car elle est sensée de
pas être codée, elle. |
|
|
|
|
|
Le site du musée du Prado offre en ligne une intéressante fonction de zooming. (3) Et l'on peut déjà y voir un peu mieux cette date dans laquelle, il faut faire de gros effort de sympathie pour y lire 1294 !! |
|
|
|
|
|
Surtout
qu'avec un minimum d'observation et de sérieux, on se rend compte que
même cette lecture est erronée car fruit d'une erreur de mise en
perspective (non pascalienne) les parties sombres de cette date ne sont
que les ombres des bons chiffres inscrits par le peintre et pris par
erreur pour les vrais chiffes qui eux figurent en peinture plus claire, ce
qui leur confère un effet de mise en relief. |
|
|
|
|
|
|
|
|
Il
me semble alors que la date apparaisse bien plus clairement maintenant et
sans autre retouche ou artifice qu'une mise en relief par effet négatif, elle est "1623". le
2 du 23 bien plus évident qu'un "9" invisible dans tous les
cas. |
|
|
Notes
et sources |
|
| Retour vers la Reine | |